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Circularité dans le traitement de surface : un équilibre entre pratique, sécurité et avenir

La circularité prend une place de plus en plus importante dans le traitement de surface. Dans la pratique, elle est toutefois encore souvent perçue comme un « extra » plutôt que comme un véritable moteur de durabilité. Les témoignages de Bert Gysen (Magistor), Robby Knaepen (PCA Water) et Mireille Huppertz (Huppertz) offrent une vision nuancée, entre réalité économique, exigences en matière de sécurité et évolution des mentalités.

Les entreprises spécialisées dans le traitement de surface sont aujourd’hui de plus en plus incitées à évoluer vers un modèle circulaire et durable, sous l’impulsion des directives européennes, des normes ISO (notamment ISO 14001 et ISO 9001) et des exigences croissantes des marchés publics.

Aujourd’hui, les entreprises lancent rarement des projets uniquement pour des raisons de circularité.

Celle-ci est cependant de plus en plus intégrée dans les décisions existantes. Robby Knaepen, actif dans le traitement de l’eau, constate que les entreprises n’investissent pas « pour la circularité en soi », mais optent pour des solutions plus durables lors du remplacement ou de la modernisation de leurs installations.

Un point d’attention majeur est la réduction et la réutilisation de l’eau.

Chez PCA Water, Robby Knaepen observe une évolution claire : là où les installations physico-chimiques dominaient auparavant, le marché s’oriente désormais vers des évaporateurs permettant la réutilisation de l’eau, la réduction de l’usage de produits chimiques et une amélioration de l’ergonomie. La circularité va ici de pair avec l’EHS : moins de manipulations manuelles, moins de risques et davantage de contrôle.

Des opportunités concrètes existent également au niveau du prétraitement mécanique.

Bert Gysen (Magistor) souligne que la circularité commence souvent par des choix simples. Le choix de l’abrasif, par exemple, a un impact direct sur la consommation, la formation de poussières et les conditions de travail. Un abrasif plus performant peut être plus coûteux à l’achat, mais permet à terme de réduire la consommation et d’améliorer l’environnement de travail. Il met également en avant la valorisation des poussières de sablage : plutôt que de les considérer comme des déchets, elles peuvent, moyennant une approche adaptée, être réutilisées comme matière première, notamment dans les fonderies.

Chez Huppertz, Mireille Huppertz illustre comment cette approche se traduit à l’échelle de l’entreprise. Son entreprise a investi ces dernières années dans une installation automatique de poudrage avec récupération de poudre, dans le traitement et la réutilisation de l’eau, le recyclage des solvants, la récupération de chaleur et la réutilisation des emballages. Selon elle, ces éléments ne constituent pas encore des arguments commerciaux décisifs aujourd’hui, mais ils offrent des avantages clairs à long terme : meilleure qualité, meilleure maîtrise des coûts et réduction de l’impact environnemental.

Les trois témoignages convergent vers une même conclusion : la circularité ne doit pas être perçue comme un coût supplémentaire. Au contraire, lorsqu’elle est bien mise en œuvre, elle crée de la valeur sur les plans économique, opérationnel et humain. Mireille Huppertz le résume parfaitement avec une phrase prononcée lors d’un audit :

« What's good for the planet can't be bad for business  » 

Au-delà des aspects techniques, Robby Knaepen, Bert Gysen et Mireille Huppertz insistent sur l’importance d’un changement de mentalité. La circularité implique de dépasser la vision à court terme ou purement économique, pour intégrer l’impact sur les opérateurs, l’environnement et les générations futures.

La circularité n’est pas une contrainte, mais une opportunité d’amélioration globale : produire plus efficacement, avec davantage d’attention pour l’humain et l’environnement, tout en créant une valeur durable pour l’entreprise.

Lisez l'interview complète dans le magazine en ligne VOMinfo.